A Chicken in the Kitchen

Ici, pas d'élevage intensif, ni de sacrifice vaudou. C'est le blog d'un Poulet parisien à table, ses recettes, ses adresses favorites, ses coups de coeur, ses coups de bec, culinaires évidemment... On y laissera des plumes, je vous le dis...

mercredi 1 septembre 2010

La madeleine de Proust

madeleine
"Il y avait bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon
palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi..." Marcel Proust, A la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, 1913.

Voici ma recette, délicieusement moelleuse et donnée par ma petite Maman... Il vous faudra, pour 25 pièces :

120 g de beurre
3 oeufs
130 g de sucre
150 g de farine
le zeste d'un citron biologique
un demi sachet de levure chimique
une pincée de sel

Faites fondre le beurre, puis laissez-le tiédir. Battez les oeufs avec le sucre, le zeste du citron et le sel jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Incorporez la farine tamisée, la levure et beurre fondu, puis laissez reposer la pâte 30 minutes au réfrigérateur. Préchauffez le four à 220°C (th 7-8). Beurrez, farinez les moules à madeleines et garnissez-les aux deux tiers pour 8 à 10 minutes de cuisson.


Commentaires

    La madeleine de Proust

    Elles sont très bien réussies. Humm... avec un petit café ! bisous.

    Posté par claelia, mercredi 1 septembre 2010 à 15:59
  • Merci ! Et comme c'est la rentrée des enfants, on ne va pas se priver d'un petit goûter nous-aussi !

    Posté par Laurent, mercredi 1 septembre 2010 à 16:48
  • Rrroo tu me donnes envie ! je vais en refaire tiens !

    Posté par Miss Giny/APDM, mardi 5 octobre 2010 à 17:08
  • Oh je suis sûr qu'Alice aimait çà aussi...

    Posté par Laurent, mardi 5 octobre 2010 à 17:36
  • Magnifique madeleine, me donne envie d'en faire.

    Posté par Davy, dimanche 17 octobre 2010 à 10:42

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