mercredi 6 avril 2011
Les Fidés
On ne dit jamais assez l'importance des souvenirs de cuisine. J'avais déjà évoqué avec vous ici cette désormais célèbre "tarte flamande de Juliette" qui attendait sur le buffet. Le dimanche soir, quand il n'y avait pas grand chose dans le frigo ou que je n'avais pas très faim, ma grand-mère savoyarde avait l'habitude de cuisiner des fidés, sorte de risotto de vermicelles très simple à faire. Il fallait forcément aussi, dans l'assiette, une tranche de jambon et des cornichons que je mettais à réchauffer dans ces deux-trois cuillères de fidés tout juste servis. C'est bon, les cornichons chauds... L'origine des fidés serait liée aux échanges entre le Dûché de Savoie et le Piémont italien. La recette a connu un vif succès au 17ème et 18ème siècles, sous une forme légèrement différente puisque la fabrication des vermicelles, plus gros, s'est arrêtée. Il reste ce nom, un peu bizarre, venant peut-être des "fidaws" arabes, mentionnés dès le 13ème siècle dans le sud de l'Europe actuelle, ou, plus véritablement, d’une cocotte en fonte, le fide, qui s’adaptait sur la cuisinière à bois. Les fidés se servent, parait- il, avec un plat de gibier ou volaille. La véritable recette utilise, je ne le savais pas, oignons, ail et fromage. Je vous transmets la mienne, désormais...
Dans une casserole, faîtes fondre un gros morceau de beurre. Versez-y deux bonnes poignées de vermicelles (pour deux personnes) et faîtes colorer doucement sans cesser de remuer. Attention, les vermicelles brûlent très vite ! Vous devrez avoir quelques pâtes dorées à souhait pour donner ce petit goût particulier au plat. Hors du feu, mouillez à hauteur, à l'eau bouillante salée. Laissez cuire en remuant de temps en temps jusqu'à évaporation complète du liquide. Vérifiez la cuisson des vermicelles et rajoutez un peu d'eau si besoin, et quelques minutes de cuisson. Et servez très salé ! C'est comme çà que je les préfère... C'est prêt...
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Merci à Frédéric Zégierman pour ces recherches passionnantes.
Ci-dessus, à droite, pas un vrai polaroïd, mais une photographie de Charles Nègre, Deux Petits Savoyards, datant de 1853. Le tirage d'époque est réalisé sur papier albuminé, à partir d'un négatif sur plaque de verre au collodion humide (source RKG).
Commentaires
Très beau billet, touchant et instructif... il faut faire revivre à tout prix les souvenirs et les traditions familiales, sinon tout cela se perdra! Je ne me souviens des vermicelles que dans la soupe, mais je suis plus à l'ouest et les pâtes sous toutes leurs formes ont mis du temps à arriver... Chez nous c'est le sarrasin plutôt que le blé qui avait la vedette!
J'aime ce genre de recettes des dimanche soir...il semble que chaque famille est sa recette du dimanche soir. Nous ça ressemblait à un petit dej hyper régressif...pour se consoler de retourner à l'école le lendemain.
Chouette recette en tout cas ! En plus, on peut la customiser comme ça nous chante.
A bientôt
















Dans ma famille aussi, on fait rôtir des petites pâtes en forme de langue d'oiseau (orzo) avant de les faire cuire dans un bouillon ou une sauce tomate.
le gout est assez particulier!